La dépression: symptômes, cause et efficacité des psychothérapies

QU’EST-CE QUE LA DEPRESSION ? 

La dépression est une maladie qui peut toucher tous les âges, de l’enfance jusqu’au personnes âgées. Les principaux symptômes, parmi lesquels la tristesse ou la perte de plaisir, sont très gênants et accroissent le risque suicidaire. Mais ils peuvent être soignés efficacement grâce aux antidépresseurs et à la psychothérapie.

Nous pouvons tous vivre des émotions comme la colère, la tristesse ou la joie. Habituellement, nous sommes capables de ressentir et gérer nos émotions au quotidien. A contrario, une personne atteinte de dépression ressent les émotions négatives plus intensément et durant plus longtemps. Elle a plus de mal à maîtriser ses émotions et avoir l’impression que sa vie se limite à une souffrance permanente. La personne atteinte a ainsi de la difficulté à remplir ses obligations professionnelles, à poursuivre de façon « normale » sa vie familiale et sociale. On dit alors que la dépression a un retentissement important sur tous les domaines de vie de la personne qui en souffre.

Quels sont les symptômes d’une dépression? 

La personne atteinte de dépression ressent plusieurs symptômes physiques et psychologiques.
Le diagnostic de la dépression répond à des critères très précis fixés par l’Organisation mondiale de la santé et l’Association américaine de psychiatrie.
Il existe neuf symptômes caractéristiques de la dépression. Pour que le diagnostic de dépression puisse être réalisé, le patient dépressif doit en présenter au moins cinq, presque tous les jours depuis au moins deux semaines, dont obligatoirement l’un des deux premiers de la liste :

• une tristesse quasi-permanente, avec parfois des pleurs (humeur dépressive)
• une perte d’intérêt et du plaisir à l’égard des activités quotidiennes, même celles habituellement plaisantes (anhédonie)
• un sentiment de dévalorisation et de culpabilité excessif ou inapproprié
• des idées de mort ou de suicide récurrentes, le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue
• un ralentissement psychomoteur
• une fatigue (asthénie), souvent dès le matin
• une perte d’appétit, souvent associée à une perte de poids
• des troubles du sommeil avec en particulier des insomnies matinales
• des difficultés attentionnelles, de concentration et de mémorisation.

Pour les patients qui présentent entre 5 et 7 symptômes, la dépression est considérée comme légère à modérée. Au-delà de 8, elle est dite sévère. Des échelles d’autoévaluation (évaluation par le patient lui-même) ou d’hétéro-évaluation (par le médecin) permettent d’évaluer plus précisément la sévérité de ces symptômes, comme l’échelle de dépression de Hamilton (HDRS) ou encore l’échelle de dépression de Montgomery et Asberg (MADRS).

La dépression: tous les âges peuvent être concernés.

On estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. La dépression ne concerne pas que les adultes. La prévalence des troubles dépressifs est estimée à entre 2,1 à 3,4 % chez l’enfant et à 14 % chez l’adolescent. Chez ces jeunes patients, le diagnostic est plus difficile à réaliser que chez l’adulte : les manifestations de la dépression varient en effet en fonction du stade de développement (de leurs âges).

La dépression: quels en sont les motifs et les causes? 

Certaines situations et des événements de la vie douloureux, tels que un décès, une perte d’emploi, une séparation… sont associés à un risque accru de dépression. C’est aussi le cas de traumatismes précoces, notamment affectifs ou sexuels, survenus au cours l’enfance. Néanmoins, toutes les personnes exposées à ce type d’événements ne développeront pas de dépression. De plus, certaines personnes font une dépression sans motif apparent, les causes et mécanismes de compréhension étant à « creuser » par ailleurs. Il existe donc une susceptibilité individuelle à la dépression.

Celle-ci est en partie génétique. Ainsi, un individu dont l’un des parents fait une dépression a deux à quatre fois plus de risque d’être lui-même dépressif au cours de sa vie. Certaines variations génétiques associées à cette vulnérabilité ont été identifiées. Par exemple au niveau des gènes codant pour le transporteur de la sérotonine ou pour un facteur essentiel à la prolifération, la différenciation et la survie des neurones.

Néanmoins, l’impact de ces variations génétiques dépend de l’environnement. On parle d’interaction gène-environnement. Des travaux ont par exemple montré que certains des individus qui développent davantage de dépression et d’idées suicidaires après des stress précoces (menaces, abandon, violences, abus pendant l’enfance) sont ceux qui possèdent des « versions courtes » du gène codant pour le transporteur à la sérotonine. D’autres mécanismes semblent impliqués, comme un déficit dans la régulation du système de réponse au stress.

Dépression et traitement:

L’objectif du traitement de la dépression est la réduction des symptômes et de leurs répercussions dans la vie quotidienne, ainsi que la prévention de récidives ultérieures. Les traitements antidépresseurs et/ou la psychothérapie permettent d’obtenir une guérison dans 67 % des cas, parfois après plusieurs séquences de traitement.

Leur efficacité n’est pas immédiate : l’amélioration des symptômes s’observe le plus souvent après 3 semaines de traitement, parfois plus. L’arrêt du traitement avant la durée recommandée par le médecin expose à un risque plus élevé d’échec de guérison, à moyen ou long terme. Cet arrêt doit en outre se faire de manière progressive, habituellement sur une durée de quelques semaines.

La psychothérapie, un allié indispensable pour faire-face à la dépression:

La psychothérapie est recommandée, seule en cas de dépression légère ou en association avec les antidépresseurs dans les formes plus sévères. Elle peut améliorer les symptômes dépressifs et anxieux, diminuer la fréquence des récidives et même conduire à une rémission durable. Les experts recommandent généralement la thérapie cognitivo-comportementale pour traiter la dépression. Cette psychothérapie vise à modifier les pensées et les comportements problématiques de la personne et à les remplacer par des pensées et des réactions appropriées à la réalité. Elle aide aussi la personne à mettre en place des stratégies pour retrouver son équilibre.

N’attendez pas de ne plus être capable de faire vos activités habituelles pour consulter. Si vous avez des symptômes, n’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant et / ou à un professionnel pouvant vous accompagner face à cette épreuve. Vous n’êtes pas seul, de l’aide et un accompagnement adapté peut être trouvé afin de vous aider à cheminer vers la guérison.

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